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21 mai 2014

Essai routier: Cadillac ATS 2014


Il y a quelques semaines, j’ai écrit un billet sur les préjugés qui affectent la marque Cadillac. En fait, le mot préjugé est peut-être un peu fort, car il réfère à quelque chose de négatif alors que c’est tout le contraire pour Cadillac. Les gens se souviennent du luxe, du confort et de l’impression de qualité des Cadillac d’antan. Cadillac était un standard, un but à atteindre en fait de « standing ». Une Cadillac permettait de monter dans l’échelle sociale. Comme le champagne des ginger ale en parlant du Canada Dry!

Aujourd’hui, ça ne suffit plus. Les marques de luxe américaines que sont Cadillac et Lincoln doivent se débarrasser de cette image de luxe confortable qu’elles ont entretenue pendant des décennies. Lincoln a beaucoup de difficulté à s’en sortir et Cadillac réussit beaucoup mieux. Préservant son image de luxe, elle a réussi à développer des véhicules qui se démarquent aussi sur la route.

Cadillac a lancé, il y a quelques mois, l’ATS. Elle devient le modèle d’entrée de gamme de Cadillac. Un peu plus volumineuse que la Cruze de Chevrolet, elle vise les voitures allemandes comme l’Audi A4, la BMW Série 3 et la Mercedes de Classe C. J’ai toujours une petite crainte quand on parle de voiture compacte chez Cadillac parce que j’ai des souvenirs d’une certaine Cimarron. Vous ne connaissez pas la Cimarron? Tant mieux!

Quatre versions sont au catalogue de la série ATS. Outre la version de base, vous aurez le choix entre les modèles Luxe, Performance et Haut de Gamme. Il y a plusieurs choix d’options possibles et il vous faudra de nombreuses minutes de réflexion afin de personnaliser votre petite Cadillac. Pour ma part, j’ai conduit le modèle Luxe auquel plusieurs options avaient été ajoutées, dont la traction intégrale, le système de navigation GPS et les roues d’alliage de 18 pouces.

Ce que j’ai perçu au volant de l’ATS, c’est qu’elle possède deux personnalités : elle voudrait être sportive et être grande. La sportivité fait définitivement partie de l’ADN de cette petite berline. Le moteur 2,0 litres turbo développe 272 fringants chevaux et ses 260 livres-pied de couple sont entièrement délivrés à partir de 1750 tours/minute, permettant à l’ATS des performances dignes de mention même si sa sonorité n’est pas très macho. La transmission automatique à six rapports fait son travail en douceur et, si vous préférez changer les rapports vous-même, le mode manuel vous permet de passer les vitesses instantanément. La Cadillac ATS 2014 est équipée d’une suspension magnétique qui permet au conducteur de sélectionner le type d’amortissement désiré. Personnellement, j’ai laissé la sélection sur « Sport » presque toute la semaine, mais je dois avouer qu’il y a une différence d’amortissement entre les réglages. Le freinage est très efficace. Celui-ci était assuré, sur ma voiture d’essai, par des disques aux quatre roues, avec l’antiblocage ABS et des étriers Brembo. La direction à crémaillère à assistance électrique est très précise.

Toute cette mécanique procure à la Cadillac ATS 2014 une tenue de route très sportive. La voiture colle littéralement à la route et s’accroche avec précision dans les courbes. Et, imaginez, la voiture était chaussée de pneus d’hiver sûrement moins performant que la monte d’origine. Dommage qu’il n’y ait pas eu une bonne bordée de neige afin de tester la traction intégrale. Toutefois, j’imagine qu’elle joue également un rôle important sur pavé sec. Comme tout ne peut être complètement blanc ou complètement noir, la direction est tellement précise qu’elle peut devenir désagréable sur chaussée dégradée. Elle suit alors les fentes, les crevasses, les joints de dilatation, les vallons… en bref, elle s’accroche à tout et il faut tenir le volant à deux mains. Disons que c’est un défaut qui ressort de ses grandes qualités!

Quand on prend place au volant, c’est la deuxième personnalité qui prend le dessus, soit être grande. Si la grandeur est définie par le niveau de luxe de l’habitacle, on peut dire que l’ATS est grande avec son tableau de bord garni de matériaux de qualité et agréable au toucher. Les sièges baquets avant sont confortables et offrent un support latéral impressionnant pour une Cadillac (tiens, mes préjugés qui reviennent me hanter!). Le design de la planche de bord ressemble à ce qui se retrouve à l’intérieur d’autres produits General Motors, adapté à la sauce Cadillac. La nacelle des cadrans est composée d’indicateurs très simples, en blanc sur fond noir. En bas, le petit écran rectangulaire est très intéressant puisqu’il est entièrement personnalisable. J’ai pu y afficher la consommation d’essence à gauche, les titres de chansons au centre et le compteur journalier à droite. D’autres détails peuvent y être affichés, à votre goût. C’est simple et d’une clarté indéniable.

Le volant est chauffant, un petit plaisir que je vous recommande fortement au Québec, avec ces hivers qui n’en finissent plus. C’est beaucoup plus agréable que de conduire avec des gants. Comme dans presque toutes les voitures actuellement, le volant offre les commandes souvent utilisées comme le régulateur de vitesse et les commandes du système audio.

L’élément dominant du bloc central est le grand écran de huit pouces affichant le système d’infodivertissement CUE de Cadillac. Celui de ma voiture d’essai intégrait le système de navigation. L’écran est composé d’une vitre et non d’un plastique tactile comme c’est habituellement le cas. Il est tellement sensible que vous n’avez qu’à approcher la main, sans toucher à l’écran, pour qu’il affiche le menu contextuel. Le système CUE mériterait toutefois quelques raffinements. C’est vrai que la présentation est chic, mais les menus sont souvent affichés en surimpression, compliquant d’autant plus la prise en main. C’est dommage, car le fonctionnement est efficace. Il est facile d’y intégrer son téléphone cellulaire, ne vous donnant plus de raison de parler avec le téléphone à l’oreille. La qualité sonore est très bonne et les seuls reproches qu’on peut faire au système sont une interface pour iPod incomplète et un lecteur CD installé dans le coffre à gants. Je suppose qu’il n’était pas prévu dans l’aménagement initial et que sa disparition est imminente.

Bien que le système CUE ne soit pas parfait, son système de navigation se mérite presque une note parfaite. Sa programmation facile, autant vocalement qu’à l’écran, de même qu’un guidage vocal soigné et des parcours bien choisis, compte tenu de la circulation, m’ont fait apprécier l’ensemble. Les données sont aussi assez récentes pour un système intégré. Sous l’écran, les commandes du volume audio et celles de la climatisation et des sièges chauffants. L’efficacité de la ventilation n’est pas mise en doute et sa fonction bizone est efficace. J’ai des doutes toutefois sur la pertinence des commandes tactiles, et ce, dans n’importe quelle voiture. Ces commandes doivent être actionnées avec plus de précision. Il faut donc quitter la route des yeux plus longtemps, rendant la manœuvre plus à risque. Il y a bien quelques renflements chromés pour diriger vos doigts, mais de simples boutons classiques auraient été plus simples à manipuler. Le style n’aidant pas toujours, le coffre de rangement entre les deux sièges est difficile à ouvrir à cause de sa forme particulière. Deux prises USB, une fente pour carte SD et une prise AUX y sont installées.

Le coffre est profond, pas très large et le seuil de chargement est plutôt élevé. Soulignons la présence d’une trappe à skis, en plus de la banquette pouvant se replier en proportion 60/40. Parlant de cette banquette, bien qu’elle soit confortable, vous remarquerez que l’espace pour les jambes n’est pas généreux… et je suis poli. Ma conjointe a l’habitude de reculer son siège, côté passager, au plus loin. Dans cette position, le siège avant est pratiquement appuyé sur l’assise de la banquette arrière. J’aurais donc tendance à qualifier la Cadillac ATS 2014 de « berline 2+2 », c’est-à-dire que les places arrière ne sont là que pour dépanner.

On est donc très loin de la Cadillac Cimarron des années 80. L’ATS est super compétente sur la route et on voit bien qu’elle a été testée sur le célèbre circuit Nürburgring, en Allemagne. Elle tient remarquablement bien la route, même avec des pneus d’hiver. Les matériaux utilisés dans l’habitacle sont de qualité et assemblés avec soin. Son problème est d’être un peu trop courte pour les passagers arrière et, en ce sens, les places arrière servent plus de dépannage qu’au confort de trois occupants supplémentaires. C’est toutefois, à mon sens, la plus belle réalisation de Cadillac dans le segment des compactes sport de luxe.

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Conditions de l’essai

Réalisé 3 au 10 mars 2014.
Météo : Que du soleil, entre -13 et 2 °C.
Modèle essayé : Cadillac ATS4 Luxe 2014
Assemblé à Lansing, Michigan, États-Unis
Prix selon www.cadillac.ca (21 mai 2014) :
** 2,0 T : 39 550 $ TI : 42 275 $
** 2,0T Luxe : 44 000 $ TI : 46 725 $
** 2,0T Performance : 46 580 $ TI : 49 305 $
** 2,0 T Haut de gamme : 51 030 $ TI : 53 755 $
** 2,5 : 37 745 $
** 2,5 Luxe : 43 035 $
** 3,6 Luxe : 46 500 $ TI : 49 225 $
** 3,6 Performance : 49 080 $ TI : 51 805 $
** 3,6 Haut de gamme : 53 530 $ TI : 56 225 $
Prix du modèle essayé : 52 695 $ + taxes
Distance parcourue : 528,3 km (76 % autoroute)
Consommation selon
Ressources Naturelles Canada :
** Ville : 10,4 L/100 km (11,8 selon les normes 2015)
** Route : 6,8 L/100 km (8,1 selon les normes 2015)
** Émissions : 202 grammes/km
** Essence super recommandée
Consommation dans la vraie vie : 10,2 L/100 km
Régime-moteur à 100 km/h : 1 800 tours/minute
Régime-moteur à 115 km/h : 2 100 tours/minute
Véhicule fourni par General Motors Canada

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Avertissement

La consommation réelle peut différer de 10 à 20% par rapport à la consommation affichée par l'ordinateur de bord. Toutefois, à des fins de comparaison, j'inscris toujours la consommation que l'ordinateur de bord affiche à la fin de la période d'essai.

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