30 août 2019

Essai routier : Chevrolet Colorado 2019 – bien équipé pour se défendre



Après avoir connu une accalmie pendant quelques années, on dirait que la bataille veut reprendre dans le segment des camionnettes compactes... ou plutôt intermédiaires puisqu’elles ont pris du volume ces camionnettes. Toyota n’a jamais abandonné, Nissan assure une présence et Ford fait un retour. GM aussi n’a jamais quitté, mais disons que le produit n’était pas à la hauteur de tous les fans de la marque. En fait, les petites camionnettes GMC et Chevrolet n’étaient pas du tout à mon gout. Toutefois, depuis leur refonte complète de 2015, les Chevrolet Colorado et GMC Canyon me titillent. Autant vous le dire tout de suite, je suis un amateur de camionnettes Ford. Dans ce segment, toutes grandeurs confondues, la passion des amateurs prend souvent le dessus sur les arguments rationnels : on est Ford, GM ou RAM. Il y a aussi quelques amateurs de Toyota, mais ils sont plus rares. Je me suis donc surpris en tant qu’amateur de Ford à apprécier les arguments du Chevrolet Colorado 2019 pendant une semaine! Pour vrai!
D’abord, la silhouette. Plus imposant que la génération précédente, le Chevrolet Colorado présente une silhouette tout de même assez sage, pourvu que l’on mette de côté la version ZR2. D’ailleurs, je préfère la calandre de son frère GMC Canyon avec son allure plus haut de gamme. Ma version d’essai, la Z71, avait subi un traitement noir, soit l’élimination de presque tout le chrome. Habituellement, je n’aime pas ces modèles, il me faut du chrome. Toutefois, pour ce qui est du Colorado, je le trouvais plus agressif et intimidant. Les marchepieds pratiquement indispensables sont solides comme le prouve la bosse sur mon tibia. Si vous glissez sur une plaque de glace, faites que votre tibia ne rencontre pas ces marchepieds!
On est bien assis dans le Chevrolet Colorado 2019. Les sièges sont confortables quoique le support latéral soit plutôt minimal. Même la banquette arrière propose un confort acceptable en plus de laisser assez d’espace pour les genoux. Cette banquette se replie si vous désirez y placer des objets au lieu de passagers. Elle est divisée en portions 60/40.
Revenons à l’avant alors que la nacelle d’instrumentation est très claire grâce à un désign simpliste. L’ordinateur de bord est aussi facile à utiliser. Le volant se prend bien en main et plusieurs commandes sont dupliquées sur ses branches. Trônant tout en haut du bloc central, l’écran du système d’infodivertissement Chevrolet est relativement convivial et simple d’utilisation. Il n’y avait pas de système de navigation, mais grâce à Android Auto ou Apple CarPlay, vous avez accès à Google Maps ou Waze. Je trouve l’écran un peu petit, mais toutes les fonctions y sont. Un peu plus bas, les commandes de la climatisation. Il faisait froid lors de mon essai le printemps dernier, mais le chauffage à réglages automatiques a toujours été à la hauteur. Juste en dessous, quelques fonctions spécifiques aux camionnettes comme un mode spécial si vous tractez une remorque, une fonction de contrôle en descente et un commutateur pour l’éclairage du compartiment de charge. Remarquez les commutateurs de sièges chauffants qui vous permettent le chauffage intégral ou seulement dans le dos. Intéressant! Finalement, deux entrées USB (il y en a aussi deux à l’arrière pour la recharge) et une prise 12 V. Un chargeur sans fil est aussi installé dans cette version Z71. L’ensemble du tableau de bord semble robuste et sied bien à la clientèle prévue pour cette camionnette.
La boite de chargement du modèle Z71 est de 5 pieds. Il faudra donc oublier la feuille de 4x8 à moins de laisser le hayon ouvert. Parlant du hayon, on peut l’ouvrir tout en douceur puisque ses pentures sont dotées de ressorts qui l’empêchent de tomber rapidement, un peu comme vos tiroirs de cuisine qui ferment lentement. De petits marchepieds sont intégrés au parechoc arrière, une très bonne idée récupérée du grand frère Silverado. Toutefois, le Colorado n’offre pas de hayon multifonction comme son grand frère. Un enduit anticorrosion est appliqué à l’intérieur du plateau de chargement et des ancrages y sont intégrés.
Mais qu’en est-il de la mécanique? J’ai déjà possédé un Ford Ranger 1988 et je peux dire que l’on est à des années-lumière de cette époque. Chevrolet propose trois choix de moteurs pour son Colorado. D’abord, un quatre cylindres de 2,5 litres. Puis, un moteur Duramax turbodiésel de 2,8 litres. Quant à moi, c’est le V6 de 3,6 litres à injection directe que j’ai pu tester. Sa puissante de 308 chevaux est très intéressante et il permet de tracter jusqu’à 7 000 livres avec l’équipement approprié. Le turbodiésel peut même remorquer jusqu’à 7 700 livres. La transmission automatique à huit rapports fait du bon travail afin de gérer les 275 livres-pied de couple. Malgré des pneus et une suspension calibrée afin d’être à l’aise hors des routes pavées, le Chevrolet Colorado 2019 était très intéressant à conduire sur la route. En fait, j’ai apprécié le grondement du moteur V6 en accélération et la vue au volant qui nous donne l’impression de dominer la route. C’est clairement la conduite d’un camion, aussi petit soit-il, et c’est l’un des éléments que j’ai le plus aimé.
Le Chevrolet Colorado 2019 (et son cousin le GMC Canyon partageant la majorité de ses éléments mécaniques) est impressionnant. Le fait qu’il propose trois choix de moteurs, deux types de cabines et deux longueurs de caisse, permettra de rejoindre une clientèle variée. Du papa qui ne transporte que sa petite famille au propriétaire de PME qui recherche les qualités utilitaires, le Chevrolet Colorado 2019 aura toujours un atout dans sa manche. C’est ce qui me plait, il y en a pour tous les gouts. Le Colorado n’étant plus une camionnette abordable comme le S-10 des années '80, vous aurez peut-être envie de regarder du côté des camionnettes pleine grandeur. Ce sera alors à vous d’analyser vos véritables besoins et votre budget.
Quant au fait que je suis un “Ford dans l’âme”, il faudra peut-être que je révise mes positions!
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Conditions de l’essai
Réalisé du 4 au 11 mars 2019.
Météo : beaucoup de soleil, un peu de neige, entre –21 et 3 °C.
Modèle essayé : Chevrolet Colorado édition minuit Z71 2019
Assemblé à Wentzville, Missouri
Générations :
  • 1re — 2003
  • 2e — 2015
Prix selon www.chevrolet.ca (30 aout 2019) :
  • WT – 28 700 $
  • LT – 32 100 $
  • Z71 – 35 300 $
  • ZR2 – 47 600 $
Prix du modèle essayé :
  • PDSF – 40 600 $
  • Édition minuit Z71 – 3 460 $
  • Marchepieds tubulaires noirs – 1 005 $
  • Groupe remorquage – 295 $
  • Système sonore Bose – 685 $
  • Frais de transport à destination – 1 895 $
  • Frais pour le climatiseur – 100 $
  • Frais des concessionnaires – 250 $
  • Crédit Chevrolet — (1 250 $)
  • Total – 47 040 $
Distance parcourue : 513,3 km (39 % autoroute)
Consommation selon Ressources Naturelles Canada :
  • Ville - 14,0 L/100 km
  • Route - 9,9 L/100 km
  • Émissions de CO² — 286 grammes/km
Consommation affichée : 12,6 L/100 km
Régime moteur à 100 km/h : 1 550 tours/minute
Régime moteur à 115 km/h : 1 800 tours/minute
Véhicule fourni par GM Canada
Photos prises à Joliette, Québec

07 août 2019

Essai routier : Lincoln MKC 2019 – La fin des lettres


Quelle sage décision Lincoln a prise il y a quelques mois en affirmant qu’elle délaissait les dénominations alphabétiques pour revenir à de vrais noms. Ainsi, le Navigator avait protégé le fort, mais les autres modèles MKC, MKX, MKS, MKT et MKquoi encore demeuraient anonymes puisque les consommateurs n’ont jamais pu différencier les modèles. Même les journalistes automobiles en perdaient leur latin. Ça aurait pu fonctionner comme chez Volvo ou BMW dont les dénominations alphanumériques ont une certaine logique. Chez Lincoln, il n’y en avait pas. Imaginez, la berline d’entrée de gamme aurait dû s’appeler MKA, mais elle portait le nom MKZ!


C’est pourquoi on verra encore sur nos routes le Navigator, mais aussi le Nautilus, l’Aviator et la Continental. Quant au MKC que j’ai essayé il y a plusieurs semaines, il se nommera Corsair. Si le nom vous dit quelque chose, vous avez probablement un certain âge puisqu’il s’agissait du nom d’un modèle Edsel en 1958 et 1959. Et comme Edsel n’a pas remporté de succès, on n’en a pas vu beaucoup. Le nom Corsair a aussi été apposé sur des modèles Ford, en Australie notamment, à la fin des années 60.
Pour en revenir à l’essai du Lincoln MKC 2019, il faut dire que c’est la deuxième fois que je le teste en quelques années. Depuis mon premier essai, la silhouette est restée la même, même si la calandre a été changée et les feux arrière raffinés. La calandre ressemble maintenant à celle de la Continental et elle sera dorénavant la signature visuelle de Lincoln. Elle est d’ailleurs beaucoup plus jolie et imposante que sa devancière. La couleur beige de mon véhicule d’essai me laisse songeur sur les gouts de la clientèle cible, mais encore là, tous les gouts sont dans la nature.
Le Lincoln MKC 2019 est assemblé sur la plateforme du Ford Escape. Bien que la présentation générale soit différente, l’espace pour les passagers avant et arrière est à peu près le même. Le modèle Ultra essayé offrait aux passagers arrière des sièges chauffants, des prises USB pour recharger vos appareils de même qu’une prise 110V comme à la maison. Les sièges sont confortables bien que j’aurais aimé un peu plus de support latéral à l’avant. La nacelle d’instrumentation inclut deux grands cadrans et un ordinateur de voyage bien conçu qui demande peu de manipulation.
Le système d’infodivertissement est SYNC3 et c’est une nette amélioration sur la précédente version. Le système est plus rapide et plus simple à comprendre. La qualité audio est excellente grâce à la participation de THX, une référence dans la qualité de système ambiophonique. Quant au système de navigation, il se programme facilement autant vocalement que manuellement et les données sont adéquates. À gauche de l’écran, on retrouve les touches servant à choisir les rapports. Lincoln a retiré le levier de vitesse, ce qui ne plait pas à tous. Pour ma part, à mesure que la semaine d’essai avançait, ça devenait plus intuitif. J’imagine que quand on se procure ce type de véhicule, l’habitude élimine les désagréments de cette disposition. La question que je me pose alors : si le retrait du levier de vitesse doit libérer de l’espace, alors pourquoi le coffret de rangement au bas du bloc central est-il si petit? Les prises USB y sont installées (ainsi qu’une prise 12V), mais il est impossible d’y laisser son téléphone portable. Dommage puisqu’il faut brancher son téléphone pour avoir accès à Apple CarPlay et Android Auto et qu’il est impossible d’y cacher l’entièreté du fil ainsi que le téléphone. La soute à bagages offre passablement d’espace, encore plus avec la banquette abaissée. Le hayon est bien sûr motorisé.
Le Lincoln MKC 2019 est bien sûr équipé de plusieurs dispositifs électroniques d’aide à la conduite, mais celui qui m’a le plus impressionné, c’est l’aide au stationnement actif. Dans la rue sens unique où j’étais, on pouvait se stationner des deux côtés. Le dispositif de Ford permet également de se stationner à gauche. Il suffit de le sélectionner à l’écran. Ensuite, le dispositif recherche l’emplacement idéal et lorsqu’il l’a trouvé, il vous dit d’arrêter et d’embrayer la marche arrière. C’est le dispositif qui stationne le véhicule lui-même, vous n’avez qu’à utiliser l’accélérateur et le frein. Jusqu’ici, c’est très bien. Là où ça devient intéressant, c’est que lorsque vous revenez à votre véhicule, le dispositif vous offre de vous sortir du stationnement! Ça fonctionne à merveille, même dans des endroits assez serrés. Bravo pour cette belle fonction qui devrait être très utile dans les grands centres urbains.
Sous le capot, on retrouve le moteur quatre cylindres EcoBoost de 2,3 litres proposant 285 chevaux et 305 livres/pied de couple. La puissance est bien là et est intéressante pour ce format de véhicule. Le temps de réponse du turbocompresseur est bien contrôlé par la transmission automatique à six rapports. Ce moteur permet de tracter jusqu’à 3 000 livres avec l’équipement approprié. En fait, le rendement de ce groupe motopropulseur est très bon. Le problème, c’est sa consommation d’essence. Quand les compagnies automobiles ont décidé de mettre les V6 au rancart au profit de quatre cylindres turbocompressé, c’était justement pour faire baisser les cotes de consommation d’essence. Avec ma moyenne de presque 11,0 L/100 km, je me retrouve tout près de la consommation d’un V6, sans les avantages. Plus de douceur en accélération, capacité de remorquage accrue et durabilité assurée auraient pu être au rendez-vous avec un V6. Mais ce n’est pas le cas. Espérons que Lincoln corrigera le tir avec le nouveau Corsair.
Le Lincoln MKC 2019 est loin d’être un mauvais achat. Il est confortable, spacieux considérant son format et intéressant à conduire sur la route, du moins selon les standards de sa clientèle cible. L’espace de rangement est très bien et son système d’infodivertissement est maintenant au point. Son point le plus négatif est sans contredit son moteur glouton qui adore faire des arrêts aux pompes à essence. Vous avez donc le choix de vous en contenter, ou d’attendre le nouveau Corsair d’ici quelques semaines.
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Essai réalisé précédemment :
  • 2015 Lincoln MKC

Conditions de l’essai
Réalisé du 25 février au 4 mars 2019.
Météo : du soleil et un peu de neige, entre – 26 et 0 °C.
Modèle essayé : Lincoln MKC Ultra 2019
Assemblé à Louisville, Kentucky, États-Unis
Générations :
  • 1re — 2015

Prix selon www.lincolncanada.com (15 juillet 2019) :
  • Select – 42 398 $
  • Ultra – 46 175 $

Prix du modèle essayé :
  • PDSF – 50 950 $
  • Options – 5 470 $
  • Frais – 2 200 $
  • Ajustement des prix employés — (4 345 $)
  • Rabais à la livraison – (1 500 $)
  • Prix total – 52 775 $

Distance parcourue : 842,1 km (71 % autoroute)
Consommation selon Ressources Naturelles Canada :
Ville - 13,1 L/100 km
Route - 9,5 L/100 km
Émissions de CO² — 270 grammes/km
Consommation affichée : 10,9 L/100 km
Régime moteur à 100 km/h : 2 000 tours/minute
Régime moteur à 115 km/h : 2 300 tours/minute
Véhicule fourni par Lincoln Canada
Photos prises à St-Laurent et Ste-Élisabeth, Québec

Avertissement

La consommation réelle peut différer de 10 à 20% par rapport à la consommation affichée par l'ordinateur de bord. Toutefois, à des fins de comparaison, j'inscris toujours la consommation que l'ordinateur de bord affiche à la fin de la période d'essai.
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