20 novembre 2019

Essai routier : Nissan Altima 2019 – la traction intégrale à la rescousse



C’est un secret pour personne, la voiture est en sérieuse perte de vitesse face aux véhicules utilitaires sport. Les consommateurs ont décidé de laisser le plaisir de conduite de côté au profit d’un sentiment de sécurité accrue (j’ai bien écrit « sentiment ») et de qualités utilitaires parfois douteuses. Certains constructeurs, majoritairement américains, ont décidé de lancer la serviette alors que d’autres continuent de produire des voitures qui se vendent moins, mais qui seront très au point lorsque le baril de pétrole se remettra à monter. C’est dommage que ces berlines soient boudées, particulièrement dans le segment des intermédiaires où l’on retrouve quelques-uns des meilleurs modèles sur le marché. Les Toyota Camry et Honda Accord sont d’excellentes voitures alors que les Hyundai Sonata et Kia Optima n’ont pas grand-chose à leur envier. Même la Ford Fusion qui nous quittera bientôt avait plusieurs atouts dans sa manche malgré une ligne vieillissante.
Tout ça pour dire que la Nissan Altima 2019 entièrement redessinée a beaucoup de pain sur la planche. En plus de se battre contre des concurrentes coriaces, elle doit se faire remarquer, ce qu’elle peine à faire depuis plusieurs années. Elle est malheureusement rarement en tête sur une liste d’achats potentiels. Nissan a donc décidé qu’elle devait lui fournir des outils que les autres n’ont pas. La Nissan Altima 2019 est donc équipée de série de la traction intégrale pour la première fois de son histoire, une caractéristique qu’elle sera seule à arborer en compagnie de la Subaru Legacy. Notons que nos voisins américains pourront aussi se procurer une Altima traction avant.
La voiture se dote d’une robe beaucoup plus agressive que la génération précédente. Presque entièrement calquée sur celle de la Maxima, sa silhouette projette une image plus sportive accentuée par une énorme calandre intégrant le grand V, maintenant marque de commerce de Nissan. Les phares sont intégrés à une large bande noire entourant la calandre. De profil, Nissan utilise encore l’astuce du toit flottant qui n’est, en fait, qu’une bande noire peinte sur le pilier C. La partie arrière est caractérisée par des feux fortement échancrés vers l’avant. Le diffuseur au bas du parechoc est aussi mis en évidence par une couleur contrastante sur certaines versions. Tous ces éléments mis ensemble donnent une ligne beaucoup plus inspirée que ce que Nissan nous avait habitué avec l’Altima. Sa silhouette lui permet maintenant de ressortir du flot de la circulation.
Comme c’est souvent le cas, la voiture d’essai était la plus équipée de la gamme Altima. Le modèle Platinum trône au sommet devant les modèles S et SV. De plus, ma voiture d’essai était dotée de cuir blanc, une touche de luxe difficile à battre, peu importe le modèle ou la marque. Le tableau de bord reprend les principales caractéristiques des véhicules Nissan récents incluant cette nouvelle folie de l’écran qui sort de la planche de bord. Nissan étrenne depuis quelques mois sa nouvelle interface relativement facile à comprendre et qu’on peut personnaliser en y mettant les informations que l’on veut en première page. Si cette disposition ne vous allume pas, vous pouvez utiliser Apple CarPlay ou Android Auto. Nissan a pris un peu de temps à se joindre au mouvement, mais l’intégration est bien conçue. Ça permet d’ailleurs d’utiliser Google Maps ou Waze au lieu du GPS intégré qui, malgré une interface facile à utiliser, propose des données moins à jour que les deux leadeurs de la navigation. La sonorité du système audio est également excellente et permet d’écouter de la musique sur tous les supports audios, sauf les CD, signe des temps.
Photo - Nissan Canada
Pour le reste, le désign du tableau de bord est moderne. Détail intéressant, le bouton permettant de lancer le moteur est sur la console centrale, un peu à la manière des vieilles Saab. Il y a beaucoup de commandes sur le volant, mais la période d’acclimatation est assez courte, signe que les commandes sont bien placées. Vous aurez peut-être remarqué le petit logo bleu sur la branche droite du volant. Il s’agit du ProPilot Assist, une suite de dispositifs d’aide à la conduite pouvant être désactivé si vous les trouvez trop intrusifs. Parmi tous ces gadgets, certains affectent le conducteur directement notamment le régulateur de vitesse intelligent. Celui-ci ajuste votre vitesse au véhicule qui vous précède selon une distance que vous aurez choisie. Je meurs d’envie d’essayer ça un jour lors d’un de mes voyages en Floride. Évidemment, j’aime aussi le moniteur d’angles morts et le système de maintien de la voiture dans sa voie. J’ai aussi fait retentir une fois le système d’alerte de trafic transversal. Combien de fois recule-t-on d’un stationnement avec une vue approximative sur les environs? Dans ce cas-ci, il y avait un piéton que je n’avais pas repéré. L’alarme a retenti et la voiture a freiné. Une note parfaite! Et si vous voulez mon opinion (probablement puisque vous lisez ce texte!), je crois beaucoup plus en ces systèmes d’aide à la conduite qu’à la voiture entièrement autonome, particulièrement dans des régions comme le Québec où les conditions météorologiques sont rarement optimales.
Je m’en voudrais d’oublier le système Around View Monitor, un système de vision périphérique rendu possible grâce à la présence de quatre caméras disséminées autour du véhicule. Ça vous permet de vous stationner dans des emplacements vraiment exigus sans faire de dommages. Nissan a été l’un des premiers constructeurs à lancer ce type de vision et presque tous les modèles sur le marché aujourd’hui possèdent ce type de technologie de série ou en option.
Mécaniquement parlant, que vous choisissiez la version S ou la Platinum, c’est du pareil au même. Le groupe motopropulseur est un quatre cylindres de 2,5 litres à injection directe produisant 182 chevaux à l’aide d’une transmission à rapports continuellement variables CVT. Comme je l’ai écrit plus haut, la traction intégrale est de série. La voiture est agréable à conduire et les performances au quotidien ne sont pas vilaines. J’ai ici une petite anecdote à vous raconter.
J’ai assisté au cours de l’été à un weekend de courses de la Coupe Nissan Micra au Mont-Tremblant. Bref, à l’épreuve du dimanche, je devais m’assoir dans la Nissan LEAF NISMO RC, une voiture de course électrique servant de « pace car » lors de la dernière saison. Finalement, petit problème avec la voiture électrique, le tour de piste se fera en Nissan Altima. Vous pouvez imaginer ma déception, mais ce fut une belle découverte de l’Altima. Le pilote de la voiture, Gilles Villeneuve (un nom prédestiné, n’est-ce pas?), conduit la voiture de tête de plusieurs courses reconnues depuis 25 ans. Ce n’est pas un débutant. Il trouvait que l’Altima était un peu faible pour ce genre de travail, mais je peux vous dire que je me suis accroché à la poignée de porte quelquefois. Rouler 160 km/h et prendre une courbe à près de 100 km/h ne lui font pas peur. Tout ça pour dire que la Nissan Altima 2019 peut sembler sage sur la route, mais elle est capable d’en faire beaucoup plus!
En bref, Nissan a fait du bon boulot avec l’Altima 2019. Un bon moteur, une CVT pas trop envahissante, de l’espace pour les passagers autant à l’avant qu’à l’arrière et une excellente finition. Maintenant, est-ce que la traction intégrale de série sera assez convaincante pour attirer des acheteurs? Difficile de savoir dans ce monde maintenant dominé par les utilitaires sport. En tous cas, la Nissan Altima 2019 n’a rien à se reprocher, elle est une excellente voiture!
Venez donner votre opinion sur la page Facebook d’AutoOpinion.ca. De plus, toutes les photos s’y trouvent. Cliquer sur « J’aime », ça fait toujours plaisir!
Conditions de l’essai
Réalisé du 6 au 13 mai 2019.
Météo : un peu de soleil, un peu de nuages et un peu de pluie, entre 2 et 19 °C.
Modèle essayé : Nissan Altima Platinum AWD 2019
Assemblé à Smyrna, Tennessee et Canton, Mississippi
Générations :
  • 1re — 1993
  • 2e – 1998
  • 3e – 2002
  • 4e – 2007
  • 5e – 2013
  • 6e — 2019
Prix selon www.nissan.ca (18 novembre 2019) :
  • S 2020 – 28 098 $
  • SV 2020 – 31 598 $
  • Platinum 2020 – 35 098 $
Prix du modèle essayé :
  • PDSF 2020 – 35 098 $
  • Couleur extérieure blanc nacré — 300 $
  • Transport et inspection prélivraison – 1 815 $
  • Frais régionaux — 115 $
  • Prix total – 37 328 $
Distance parcourue : 654,9 km (61 % autoroute)
Consommation selon Ressources Naturelles Canada :
  • Ville - 9,3 L/100 km
  • Route - 6,7 L/100 km
  • Émissions de CO² — 190 grammes/km
Consommation affichée : 7,7 L/100 km
Régime moteur à 100 km/h : 1 400 tours/minute
Régime moteur à 115 km/h : 1 900 tours/minute
Véhicule fourni par Nissan Canada
Photos prises à Ste-Élisabeth, Québec

28 octobre 2019

Essai routier : Kia Sorento 2019 – Le vaisseau amiral



Le Kia Sorento, je le connais bien. Je l’ai essayé à de nombreuses reprises et j’ai même visité l’usine de West Point en Géorgie où il est assemblé. J’ai aussi des amis qui viennent tout juste d’en acheter un deuxième. Nul besoin de mentionner qu’il l’adore. Bien que le grand Telluride vienne de poser ses roues sur les routes du continent nord-américain, je n’hésite pas à affirmer que le Sorento est le vaisseau amiral de Kia. Il a gagné beaucoup d’adeptes au cours des dernières années et il est indéniable que le succès de Kia est lié à celui du Sorento. Une partie de la clientèle l’aime également parce qu’il offre toujours un moteur V6 sous son capot malgré la disparition progressive de ce type de motorisation au profit des quatre cylindres turbo. Même son cousin, le Hyundai Santa Fe, n’offre plus ce type de motorisation. C’est justement ce moteur V6 que j’ai pu tester pendant une semaine il y a quelques mois. Et ce fut un réel plaisir.
D’abord, parce que ce V6 est beaucoup plus doux en accélération qu’un quatre cylindres. Sa capacité de remorquage de 5 000 livres, beaucoup plus intéressante que les 2 000 livres permises avec le quatre cylindres, n’est pas à dédaigner. Sa consommation tout de même raisonnable pour un V6 est aussi un point positif. La boite automatique Sportmatic à huit rapports passe les vitesses avec douceur et gère bien le couple de 252 livres-pied extrait de ce 3,3 litres. La puissance est de 290 chevaux.
Quelques petits changements esthétiques viennent garder la silhouette du Kia Sorento 2019 à jour. Si vous n’êtes pas familier avec ce modèle, vous n’y verrez que du feu puisque ces changements sont très discrets. Néanmoins, le Sorento reste dans le coup face à la concurrence qui se renouvèle d’année en année. Les changements sont aussi discrets à l’intérieur. Mis à part la fente de CD qui a disparu, le tableau de bord est pratiquement une copie conforme au modèle de l’an dernier. Les sièges avant sont confortables et favorisent les grandes randonnées. La banquette arrière offre beaucoup d’espace aux jambes même si le support latéral est sensiblement moins bon qu’à l’avant. Quant à la banquette de troisième rangée, c’est convenable pour de courts trajets. Pour de longs trajets, il vous faudra de jeunes enfants ou de très très bons amis! Notons la présence de commande de climatisation à côté de cette banquette. L’espace de chargement est immense lorsque toutes les banquettes sont abaissées. Il est encore de bonnes dimensions lorsque la banquette centrale est relevée. Avec tous les sièges en place, l’espace pour des bagages est pratiquement nul. Il faudra envoyer les bagages par avion!
Pour en revenir au tableau de bord, disons qu’avec les années, son désign est devenu de plus en plus utilitaire. Le fonctionnement n’en est pas moins intuitif. La nacelle d’instrumentation très simple propose un ordinateur de bord facile à configurer pour y afficher les renseignements voulus. Mon seul regret est qu’il est impossible de garder la moyenne de consommation d’essence pour un trajet complet. Lorsque l’on fait le plein d’essence, la moyenne se réinitialise. Dommage et c’est le même constat dans tous les modèles Kia. Les commandes ajoutées aux branches du volant sont complètes tout en étant faciles à utiliser et à comprendre. Au centre, l’écran affiche le système d’infodivertissement Kia comprenant un système de navigation dans cette version SXL. Sa programmation est facile si on utilise les commandes vocales. Manuellement, c’est plus difficile et il faut être patient. On peut écouter de la musique dans tous les formats, sauf les CD, aussi bien en ondes qu’en continu par Bluetooth. Il est aussi possible d’utiliser Apple CarPlay ou Android Auto permettant ainsi l’utilisation de Google Maps ou Waze avec leur cartographie bien à jour.
Un peu plus bas, les fonctions de ventilation sont bizones et automatiques. Il suffit d’ajuster à la température voulue et le tour est joué. On ne peut s’empêcher de remarquer la présence de sièges chauffants et ventilés de même que d’un volant chauffant. C’est un Sorento « canadanisé » comme le disait Kia il y a quelques années. Surplombant la plaque de recharge sans fil, il y a deux prises 12V ainsi qu’une entrée USB et une entrée AUX. Kia ne lésine pas sur les prises 12V puisqu’il y en a une dans le coffre de rangement central, une à la banquette arrière et une dans la soute à bagages. N’oublions pas une autre entrée USB pour les passagers arrière de même qu’une prise 115V conventionnel au même endroit. Le Kia Sorento 2019 est vraiment « connecté »!
On se retrouve donc avec un Kia Sorento SXL 2019 qui n’est pas donné, mais auquel on peut reprocher très peu de choses. Les sièges sont confortables sur de longs trajets et le moteur V6 ajoute une douceur en accélération qu’on retrouve de moins en moins dans les véhicules à moteur quatre cylindres turbo. La capacité de remorquage est aussi à prendre en compte. Le désign extérieur vieillit très bien et seul le désign du tableau de bord pourrait être mis à jour, notamment par l’ajout d’un écran plus grand. Vraiment, il faut chercher longtemps pour trouver des points négatifs au Kia Sorento 2019.
Venez donner votre opinion sur la page Facebook d’AutoOpinion.ca. De plus, toutes les photos s’y trouvent. Cliquer sur « J’aime », ça fait toujours plaisir!
Essais réalisés précédemment :
  • 2016 Kia Sorento
  • 2014 Kia Sorento
  • 2013 Kia Sorento
  • 2011 Kia Sorento

Conditions de l’essai

Réalisé du 15 au 22 avril 2019.
Météo : un bon mélange de soleil, nuages et pluie, entre –2 et 15 °C.
Modèle essayé : Kia Sorento SXL 2019
Assemblé à West Point, Géorgie, États-Unis
Générations :
  • 1re — 2002
  • 2e – 2010
  • 3e — 2016
Prix selon www.kia.ca (28 octobre 2019) :
  • LX TA – 30 205 $
  • LX – 32 505 $
  • EX 2,4 L – 34 705 $
  • LX V6 – 37 005 $
  • EX – 40 575 $
  • EX Premium – 43 075 $
  • SX – 47 075 $
  • SXL – 51 075 $
Prix du modèle essayé :
  • SXL PDSF – 49 165 $
  • Autres taxes et droits – 115 $
  • Le transport et la préparation - 1 795 $
  • Total – 51 075 $
Distance parcourue : 985,4 km (81 % autoroute)
Consommation selon Ressources Naturelles Canada :
  • Ville - 12,5 L/100 km
  • Route - 9,7 L/100 km
  • Émissions de CO² — 265 grammes/km
Consommation affichée : 9,7 L/100 km
Régime moteur à 100 km/h : 1 950 tours/minute
Régime moteur à 115 km/h : 1 700 tours/minute
Véhicule fourni par Kia Canada
Photos prises à St-Laurent et Ste-Élisabeth, Québec

Avertissement

La consommation réelle peut différer de 10 à 20% par rapport à la consommation affichée par l'ordinateur de bord. Toutefois, à des fins de comparaison, j'inscris toujours la consommation que l'ordinateur de bord affiche à la fin de la période d'essai.
Google+