14 juillet 2018

Essai routier : Subaru Legacy 3.6R 2018 — Un moteur six cylindres rare



Subaru Canada est sur une pente ascendante depuis plusieurs années. La compagnie bat ses records de vente de l’année précédente depuis plusieurs mois. C’est probablement pour ça que les produits Subaru sont mis à jour et renouvelés à un rythme qui s’est accéléré depuis quelque temps.

La Subaru Legacy, je l’ai essayée à quelques reprises ces dernières années. C’est une berline intermédiaire intéressante qui offre beaucoup d’espace intérieur et, surtout, quatre roues motrices, un dispositif dont plusieurs Québécois ne peuvent plus se passer. Il faut aussi dire que, depuis quelques années, je ne sais pas si Subaru a engagé des stylistes ou a décidé de former les siens, mais les véhicules Subaru sont de plus en plus au gout du jour. Fini les formes bizarres d’une autre époque, les Subaru peuvent rivaliser stylistiquement avec plusieurs modèles bien en vue sur le marché.

Sous le capot, Subaru continue de privilégier des motorisations à cylindres horizontaux. J’ai essayé souvent les motorisations à quatre cylindres, mais j’ai eu une surprise cette fois-ci. J’avais évidemment réservé la voiture quelques semaines à l’avance en pensant avoir affaire au quatre cylindres de 2,5 litres. En prenant possession de la voiture et puisque c’était au mois de février dernier, je me suis mis à la recherche d’un endroit pour prendre des photos avant qu’elle ne soit sale. C’est en prenant une photo de l’arrière que j’ai eu la surprise : 3.6R! La voiture avait sous son capot les six cylindres horizontaux de 3,6 litres. Un moteur six cylindres avec un prix de l’essence à 1,40 $ le litre. J’allais devoir gratter mes fonds de poche cette semaine! En fait, pas tant que ça et j’en ressors d’ailleurs avec une opinion très positive.

Assez pour la petite histoire, passons aux choses sérieuses! La Subaru Legacy 2018 est offerte dans une variété de modèles, la 3.6R trônant au sommet. La 3.6R est toutefois offerte seulement en déclinaison Limited. À peu près tout est inclus, même le système EyeSight. Donc, si vous choisissez la Legacy avec le moteur H6, vous aurez le modèle le plus équipé de la gamme. Il est intéressant de noter que, de tous les véhicules Subaru vendus au cours des dix dernières années, 98 % sont encore sur les routes. C’est peut-être pour cette raison que Subaru est le constructeur qui propose le plus long calendrier d’entretien, soit jusqu’à 500 000 km.

Pas de gros changements du point de vue du désign si ce n’est les phares antibrouillards qui sont maintenant à DEL. La silhouette est assez classique gage d’une vieillesse en beauté. La planche de bord est aussi assez classique, mais elle a subi quelques changements cette année particulièrement en ce qui concerne le système d’infodivertissement. Lorsque je l’ai essayée l’an dernier, le système provenait de chez Toyota, un partenaire naturel puisque Toyota possède des parts dans Subaru. Cette année, Subaru a installé son propre système StarLink, en plus de permettre la compatibilité avec Apple CarPlay et Android Auto. Tout fonctionne bien et le système est assez facile à comprendre. De plus, si vous utilisez votre téléphone intelligent, celui-ci sera caché dans un espace de rangement en bas du système d’infodivertissement, à l’abri des regards. Le seul point faible du système est au niveau du GPS intégré utilisant les mêmes données que les GPS portables Magellan et TomTom. Il y a beaucoup d’erreurs de nom de rue et d’annonces vocales. Par exemple, lorsque la dame du GPS doit annoncer « prenez l’autoroute 31 NB », NB étant inscrit pour North Bound, elle dit « prenez l’autoroute 31 Nouveau-Brunswick »! Et on ne peut y apporter des modifications comme c’est le cas avec Waze, Google Maps et même Garmin. Chez Subaru, on m’a affirmé que ce qu’on voulait, c’était la compatibilité avec Apple CarPlay et Android Auto et qu’on n’avait pas vraiment eu le choix du fournisseur de données. Donc, branchez votre téléphone intelligent et vous aurez un GPS digne de ce nom! Pour ce qui est du système audio, il est conçu par harman/kardon, compte 12 hautparleurs avec un caisson de graves et il y a un amplificateur de 576 watts. Ai-je besoin de dire que le son est excellent?

Si on regarde un peu le reste de l’habitacle, la nacelle d’instrumentation est un beau mélange de cadrans analogiques et de données numériques, le tout en blanc sur fond noir, mais aussi avec quelques touches bleutées. C’est très clair et intéressant comme présentation. La disposition des commandes est très ergonomique, autant celle sur le volant que sur la console centrale. Les matériaux sont également de bonne qualité et l’agencement deux-tons (beige-noir) de ma voiture d’essai était d’une exécution sans reproches. Outre le confort des sièges, il faut souligner que les passagers arrière auront aussi beaucoup d’espace pour les jambes. De plus, dans cette 3.6R Limited, ils ont droit aux sièges chauffants et à des prises de recharge USB. Tout cet espace aux places arrière n’hypothèque pas le coffre puisqu’il est de grande dimension et on peut l’agrandir en abaissant la banquette en sections 60/40. Le plancher n’est malheureusement pas plat, mais l’ouverture est assez grande.

Quelques mots sur le système EyeSight. Grâce à cet équipement, la Legacy 2017 a reçu la cote Meilleur Choix Sécurité+ de l’IIHS (Insurance Institute for Highway Safety). Grâce à deux caméras trois dimensions installées derrière le rétroviseur intérieur, le système peut détecter le risque de collision avant et arrêter le véhicule complètement si vous ne faites rien. Il repère aussi le marquage sur la chaussée et vous ramène dans la voie si vous déviez de celle-ci. Beaucoup d’autres assistances dépendent de ce système EyeSight, mais celui que j’apprécie particulièrement est le régulateur de vitesse adaptatif. Sur l’autoroute, votre véhicule s’adapte à la vitesse du véhicule qui précède. En circulation dense, sur le Boulevard Métropolitain par exemple, la voiture peut suivre le traffic même si celui-ci s’arrête. Il suffit d’appuyer sur l’accélérateur ou sur « RES » pour redémarrer. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ça m’enlève beaucoup de stress dans la « grande ville ».

C’est sous le capot que se cache la surprise de cet essai. Un moteur Boxer Subaru à six cylindres horizontaux de 3,6 litres. Déjà que les moteurs à six cylindres sont devenus une denrée rare sous le capot des voitures intermédiaires, Subaru utilise une configuration peu commune avec ses cylindres horizontaux. J’avais un peu peur de la consommation d’essence, mais ma moyenne de 9,7 L/100 km pour la semaine est excellente. 256 chevaux, c’est très bien pour offrir de bonnes accélérations. Évidemment, plus vous en abuserez, plus la consommation augmentera. Comme toute la gamme Subaru (sauf la BRZ), la traction intégrale symétrique à prise constante est de série. C’est bien dommage qu’il n’ait pas neigé lors de mon essai (c’était en février!) puisque cette configuration à quatre roues motrices est l’une des plus efficaces sur le marché. La transmission CVT Lineartronic n’a jamais été un problème au point où je croyais que c’était une transmission conventionnelle. Je rappelle que les transmissions CVT sont généralement agréables à utiliser lorsque la puissance du moteur est importante. C’est pourquoi c’est toujours un peu désagréable avec un petit moteur à quatre cylindres, mais avec ce H6, il n’y a vraiment aucun désagrément.

En résumé, les Subaru sont probablement les voitures les mieux adaptées au Québec. Leur traction intégrale fait des miracles pendant les hivers québécois. Quant à la Legacy, c’est loin d’être une berline « hop la vie », mais elle est agréable à conduire et offre beaucoup d’espace pour tous les passagers. Son moteur H6 est vif et son grondement très agréable à l’oreille. Et puis, c’est l’une des dernières berlines sur le marché avec un moteur six cylindres. Pourquoi ne pas en profiter?

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Essai réalisé précédemment :

Conditions de l’essai

Réalisé du 19 au 26 février 2018.
Météo : mélange de soleil, pluie et neige, entre -14 et 4 °C.
Modèle essayé : Subaru Legacy 3.6R Limited 2018
Assemblé à Lafayette, Indiana, États-Unis
Générations :
  • 1re — 1989
  • 2e – 1993
  • 3e – 1998
  • 4e – 2003
  • 5e – 2009
  • 6e — 2014
Prix selon www.subaru.ca (14 juillet 2018) :
  • 2.5i -  26 760 $
  • 2.5i Tourisme –  30 060 $
  • 2.5i Tourisme avec EyeSight –  31 560 $
  • 2.5i Sport avec EyeSight –  33 460 $
  • 2.5i Limited avec EyeSight –  35 560 $
  • 3.6R Limited avec EyeSight –  38 560 $
Prix du modèle essayé :
  • 3.6R Limited avec EyeSight –  36 795 $
  • Rabais au comptant — (- 1 500 $)
  • Préparation à la route et transport – 1 650 $
  • Autres frais – 115 $
  • Total –  37 060 $ + taxes
Distance parcourue : 826,7 km (73 % autoroute)
Consommation selon Ressources Naturelles Canada :
  • Ville - 11,9 L/100 km
  • Route - 8,3 L/100 km
  • Émissions de CO² — 241 grammes/km
Consommation affichée : 9,7 L/100 km
Régime moteur à 100 km/h : 1 700 tours/minute
Régime moteur à 115 km/h : 2 000 tours/minute
Véhicule fourni par Subaru Canada
Photos prises à St-Laurent et Ste-Élisabeth, Québec

04 juin 2018

Essai routier : Chevrolet Malibu Redline 2018 – La grosse berline américaine



Il y a peut-être 25 ans, lorsque j’étais au début de la vingtaine, je me souviens avoir dit à des collègues de travail que j’aimerais, plus tard, lorsque j’aurais de l’argent, m’acheter une grosse Buick. Une grosse voiture américaine confortable qui flotte sur la route. Évidemment, aujourd’hui, mes aspirations ont évolué, mais les grosses berlines confortables m’intéressent encore. C’est sûr qu’avec le prix de l’essence qui ne cesse de grimper (injustement, me direz-vous), on pense moins à s’acheter une grosse berline. C’est alors que s’est présentée dans ma cédule d’essais routiers, la Chevrolet Malibu 2018. Dans la fiche technique, on parlait d’un moteur quatre cylindres turbo de 1,5 litre. 1,5 litre!!! Alors que quelques grosses berlines de mon adolescence offraient des V8, on me propose maintenant un quatre cylindres. Turbo, mais quand même!

Il faut maintenant mettre nos préjugés de côté. Les motorisations à essence ont énormément évolué en quelques années et les constructeurs peuvent maintenant faire mieux avec de plus petits moteurs. La version essayée est la Redline. Ça sonne un peu sportif, mais il s’agit en fait d’un groupe esthétique qui ajoute des roues d’alliage noires avec lignes rouges, des identifications noires avec contours rouges, des logos Chevrolet noirs (je les aurais mis rouge, mais bon) et une quasi-absence de chrome. Il y aura d’ailleurs des versions Redline pour pratiquement tous les modèles Chevrolet cette année. Le look est assez réussi même si, personnellement, je n’apprécie guère les roues noires de toutes sortes. Je trouve que des roues chromées mettent toujours une voiture en valeur. Comme tous les gouts sont dans la nature, vous et moi, on se respecte s’il vous plait!

La silhouette de la Chevrolet Malibu 2018 rentre dans le moule du premier constructeur américain à la perfection. Elle reprend quelques lignes ici et là de la Cruze, mais on la sent bien près de l’Impala. C’est loin d’être un défaut puisque je considère l’Impala comme une grande berline qui a de la classe. Le désavantage d’une voiture blanche avec éléments noirs? J’ai eu l’impression de conduire une voiture de police toute la semaine! La Chevrolet Malibu 2018 peut-être commandée en cinq déclinaisons, de la L de base à la Premier, en passant par la LS, la LT et l’Hybride. Ma Redline était la LT, celle qui devrait constituer la majorité des ventes de la Malibu 2018.

En ouvrant la portière, on n’est nullement dépaysé par l’aménagement du tableau de bord si on a essayé récemment un modèle Chevrolet. Que ce soit celui d’une Cruze ou même d’une Volt, ces tableaux de bord ont tous de nombreux points en communs. La nacelle d’instrumentation propose de grands cadrans pour l’indicateur de vitesse et le tachymètre. En haut au centre, deux autres petits cadrans pour la jauge à essence et la température du liquide de refroidissement. Sous ceux-ci, un ordinateur de voyage permettant d’afficher de nombreux renseignements sur une interface agréable à consulter.

Le volant se prend bien en main et les commandes qui y sont intégrées sont faciles à comprendre et à utiliser. En haut du bloc central, entre deux buses de ventilation verticales, il y a un grand écran de huit pouces. Le système MyLink de Chevrolet est facile à configurer et très lisible... lorsque le soleil ne s’en mêle pas. Il n’y a pas de système de navigation, mais vous pouvez parler à un conseiller OnStar pour demander votre chemin. Je vous recommande toutefois de brancher votre téléphone cellulaire dans la prise USB et d’utiliser Android Auto ou Apple CarPlay. Sur ces deux dispositifs, il y a d’excellents systèmes de navigation que je trouve, personnellement, plus intéressants à utiliser que de demander mon chemin. Pour en revenir au système MyLink de Chevrolet, j’aime bien le fait que les stations programmées au bas de l’écran peuvent provenir de différentes sources, par exemple, deux FM, une AM et deux SiriusXM. Ça évite de devoir changer de source pour syntoniser une autre station.

Un peu plus bas, les très simples commandes de ventilation. Pas d’automatisme pour cette version, mais on peut choisir aisément à quel endroit on dirige le flot d’air grâce à des commutateurs indépendants. La grosse lacune est qu’il n’y a pas de sièges chauffants! Sur un modèle de base, j’aurais pu comprendre, mais il s’agit ici d’un modèle de milieu de gamme. Plusieurs constructeurs offrent cet équipement dans de simples sous-compactes, alors c’est à se demander pourquoi GM ne les a pas inclus à la Malibu LT. Tout en bas sont situées les deux prises USB, AUX et 12 V. C’est simplement dommage qu’elles ne soient pas dans un coffre de rangement fermé. Pour en finir avec la console centrale, le coffret entre les deux sièges est de bonnes dimensions. Pour les passagers arrière, il y a aussi deux prises USB servant au chargement d’appareils électroniques, de même qu’une prise 12V et une prise de 120 V. Ça, c’est très bien!

Je me rends compte que je ne vous ai pas parlé des sièges. Même s’ils ne sont pas chauffants, ils offrent un très bon support latéral et sont très confortables. L’espace est généreux à l’avant et très bien à l’arrière. La banquette arrière propose même un peu de support latéral, ce qui est plutôt rare dans tous types de berline. Comme toutes les grosses berlines américaines, le coffre est grand et on peut baisser la banquette en parties asymétriques. L’ouverture ainsi créée est large, mais le plancher n’est pas plat.

C’est toutefois le moteur que j’avais hâte de tester. Un moteur de seulement 1,5 litre de cylindrée dans une voiture aux dimensions quand même imposantes, même associé à un turbocompresseur, aurait pu être poussif à l’extrême. Il n’en est rien. Bien que les accélérations ne soient pas foudroyantes, elles sont adéquates pour la clientèle visée. Il produit quand même 160 chevaux et 184 livres-pied de couple, assez pour pouvoir assoir quatre personnes à bord et ne pas peiner à la tâche sur les coins de rue. La transmission automatique à six rapports fait son travail de belle façon tout en douceur. Il faut dire que la voiture est bien insonorisée. La transmission propose un mode manuel. Sa configuration avec bouton de changement de vitesse sur le pommeau du levier le rend presque inutile. En tout cas, je ne l’ai pas utilisé plus de cinq minutes. La suspension favorise le confort de roulement et on aimerait que la direction donne un meilleur « feedback » de la route.

Avec une consommation moyenne de 7,6 L/100 km réalisée pendant ma semaine d’essai et des performances tout à fait acceptables, la Chevrolet Malibu Redline 2018 prend bien sa place de grosse berline américaine. Les acheteurs d’aujourd’hui n’en ont que pour les VUS, mais si des voitures comme la Malibu étaient mieux connues, il y en aurait plus sur la route. Autant d’espace avec une consommation plus que raisonnable peuvent battre bien des VUS. Et c’est tellement plus agréable à conduire sur la route!

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Conditions de l’essai

Réalisé du 12 au 19 février 2018.
Météo : beaucoup de soleil et quelques gouttes de pluie, entre – 16 et 2 °C.
Modèle essayé : Chevrolet Malibu LT Redline 2018
Assemblée à Kansas City, Kansas, États-Unis
Générations :
  • 1re — 1964
  • 2e – 1968
  • 3e – 1973
  • 4e – 1978
  • 5e – 1997
  • 6e – 2004
  • 7e – 2008
  • 8e – 2012
  • 9e — 2016
Prix selon www.chevrolet.ca (4 juin 2018) :
  • L – 24 245 $
  • LS –  26 745 $
  • LT –  28 745 $
  • Hybride –  33 845 $
  • Premier –  34 545 $
Prix du modèle essayé :
  • LT –  26 695 $
  • Groupe Redline – 1 445 $
  • Frais de transport à destination – 1 700 $
  • Taxe de climatisation – 100 $
  • Frais des concessionnaires — 250 $
  • Total –  30 190 $ + taxes
Distance parcourue : 1 076,3 km (74 % autoroute)
Consommation selon Ressources Naturelles Canada :
  • Ville - 8,8 L/100 km
  • Route - 6,5 L/100 km
  • Émissions de CO² — 181 grammes/km
Consommation affichée : 7,6 L/100 km
Régime moteur à 100 km/h : 1 900 tours/minute
Régime moteur à 115 km/h : 2 100 tours/minute
Véhicule fourni par GM Canada

Avertissement

La consommation réelle peut différer de 10 à 20% par rapport à la consommation affichée par l'ordinateur de bord. Toutefois, à des fins de comparaison, j'inscris toujours la consommation que l'ordinateur de bord affiche à la fin de la période d'essai.
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